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Voici mon blog qui vous présente un pays EL SALVADOR trop méconnu. Laissez-vous guider, je vais vous faire découvrir ce petit pays très attachant

08 Mar

OSCAR ROMERO

Publié par elsalvador  - Catégories :  #SALVADORENOS

romero.gifÓscar Romero (de son nom complet Óscar Arnulfo Romero y Galdámez), né le 14 août 1917 à Ciudad Barrios au Salvador et mort assassiné le 24 mars 1980, était l'archevêque catholique de San Salvador (Salvador), défenseur des droits de l'homme et particulièrement des paysans de son diocèse.
Oscar Romero est le second d'une famille de sept enfants, dont le père est postier. Après quelques années à l'école il devient apprenti menuisier à l'age de 12 ans. Deux ans plus tard, en 1931, il entre au séminaire des prêtres Clarétains à San Miguel, contre l'avis de son père. En 1937, il va au séminaire national de San Salvador, dirigé par les Pères Jésuites. Il est ensuite envoyé à Rome pour y continuer ses études. Il y est finalement ordonné prêtre le 4 avril 1942. L'année suivante il retourne au Salvador et est nommé secrétaire du diocèse de San Miguel. Il est nommé par Paul VI évêque auxiliaire de San Salvador le 25 avril 1970 avec le titre d'évêque titulaire ou in partibus de Tambeae. Il est consacré le 21 juin suivant par Mgr Girolamo Prigione nonce apostolique au Salvador.
Considéré comme « conservateur » sa nomination est d'abord bien accueillie par l'oligarchie salvadorienne. Mais quelques semaines plus tard, le 12 mars 1977, l'assassinat d'un prêtre de son diocèse (et ami personnel) le jésuite Rutilio Grande avec deux compagnons de voyage par un escadron de la mort, soutien du pouvoir en place, va tout changer. La mort du Père Rutilio va profondément bouleverser le nouvel archevêque qui considèrera que « la mort de Grande l'avait converti ». Le jour même des funérailles, il écrit au président Arturo Armando Molina pour lui demander une enquête exhaustive des faits et ajoute : « je ne suis pas disposé à participer à un acte officiel du gouvernement aussi longtemps que ce dernier n'aura pas fait tous ses efforts pour rendre la justice au sujet de ce sacrilège qui a horrifié tout le monde et soulevé une vague de protestation et de violence » Et, effectivement, jamais Mgr Romero n'assistera à un acte officiel, car jamais il n'y aura d'enquête sérieuse au sujet de ce triple meurtre.
Pour Monseigneur Romero il y a une dimension politique de la foi chrétienne, c'est-à-dire que la foi ne sépare pas le croyant du monde réel, mais au contraire l'y plonge tout entier. La raison d'être de l'Église est de se solidariser avec les pauvres. Le 13 février 1980, invité par l'Université Catholique de Leuven, en Belgique, il lance: "le monde des pauvres nous apprend que la libération arrivera non seulement quand les pauvres seront les destinataires privilégiés des attentions des gouvernements et de l'Église, mais bien quand ils seront les acteurs et les protagonistes de leur propre lutte et de leur libération en démasquant ainsi la dernière racine des faux paternalismes, même ceux de l'Église."
Ses prises de position, comme sa dénonciation des crimes, enlèvements et assassinats menés quotidiennement par l'armée salvadorienne et les escadrons de la mort, placent Monseigneur Romero dans l'opposition à la plupart de ses collègues évêques et au Vatican. Le Pape Jean-Paul II lui reproche de s'occuper trop de politique. Pour le pouvoir en place et l'oligarchie salvadorienne, il est un dangereux agitateur.
Le 23 mars 1980, Monseigneur Romero dit un sermon dans la Basilique du Sacré-Cœur de San Salvador, au cours duquel il lance un appel aux soldats face aux exactions de l'armée:
 
 "Un soldat n'est pas pas obligé d'obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. Une loi immorale, personne ne doit respecter. Il est temps de revenir à votre conscience et d'obéir à votre conscience plutôt qu'à l'ordre du péché. Au nom de Dieu, au nom de ce peuple souffrant, dont les lamentations montent jusqu'au ciel et sont chaque jour plus fortes, je vous prie, je vous supplie, je vous l'ordonne, au nom de Dieu: Arrêtez la répression !"
 
Le lendemain, alors que Monseigneur Romero prononce une homélie pendant la célébration de la messe dans la chapelle d'un hôpital, un coup de fusil atteint l'Évêque en pleine poitrine, et il agonise quelques minutes plus tard.funeral.jpg
Les funérailles de Monseigneur Romero furent accompagnée par 350 000 personnes à San Salvador. 300 prêtres et 30 Évêques du monde entier y assistèrent. Mais tandis que la messe était commencée, une bombe éclata et des coups de feu partirent provocant un début de panique parmi la foule. Une cinquantaine de personnes (dont de nombreux enfants) moururent piétinés, tandis qu'on releva une dizaine de corps tués par balle. Le corps de Monseigneur Romero fut enterré à la hâte dans une tombe située dans le transept droit de la basilique du Sacré-Cœur. La messe de funérailles ne fut jamais terminée. L'assassin de Mgr Romero ne fut jamais retrouvé.
La question de la mémoire d'Óscar Romero et de son héritage politique et spirituel fait l'objet de divergences importantes d'analyse. Ses adversaires politiques, tout comme les opposants de gauche au régime, voient en lui une figure la théologie de la libération. Le Vatican souligne au contraire l'ampleur spirituelle des homélies d'Óscar Romero, qu'il qualifie de « prophète de l'espérance ». Concernant son propre rôle, Mgr Romero y développe le thème du ministère vécu comme un service bien plus qu'un pouvoir : « Je ne me suis jamais posé en chef d’un peuple, car il n’y a qu’un chef: Jésus-Christ. Jésus est la source de l’espérance. » (homélie du 28 août 1977). Ainsi en 2007, le pape Benoît XVI se prononce en faveur de la béatification, voyant en lui un « grand témoin de la foi » mais en s'opposant à une lecture exclusivement politique de sa mort. Le pape considère d'ailleurs qu'éviter une « récupération politique » par certaines parties est la difficulté principale rencontrée par la procédure de béatification.
Pierre-Michel Gambarelli a écrit en 1985 la chanson Le vent des prophètes en hommage à Oscar Romero (paroles du chant sur Scoutopedia)
Le nouveau président du Salvador, Mauricio Funes (FMLN), a visité sa tombe juste avant de prendre ses fonctions, en juin 2009. Recueillement du Président Obama sur sa tombe en 2011.
Obama-se-recueille-sur-la-tombe-de-Mgr-Romero_article_main_.jpg
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